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Un regard sur la technocratie qui se manifeste dans le management avant de se répandre sur la société toute entière. L'origine des théories, les manipulations mentales, l'amoralisme et la société de consommation, la déchristianisation. Un remède : la doctrine sociale de l'Église

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Au delà des attitudes de Porter

Merci à Céline Muhgot d'avoir bien voulu compléter ci-après son article sur Elias Porter, paru en 2008, dont plusieurs demandaient un développement plus important. Elle nous apporte ici des précisions intéressantes sur la genèse de la pensée de cet auteur et des éclaircissements sur les conséquences qu'elle implique.

 

Conséquences morales de la pensée de Porter

 

Quelques-uns de nos lecteurs n'ont pas retrouvé dans notre article 'les attitudes de Porter' ce qu'ils avaient entendu dire de cet auteur. On leur avait décrit Porter comme un praticien de la communication (ce qui est vrai) qui donnait, à travers l'outil des Attitudes, une technique possible d'échanges. (Ce qui est encore vrai). En revanche, ils ont été surpris de notre description de Porter comme concepteur d'une typologie de motivations innées et personnelles, expliquant le comportement des individus. Ils ont été surpris d'apprendre que Porter affirmait que notre comportement visait principalement à conforter les valeurs qui étaient en nous.

Il est curieux de réduire Porter à l'outil des attitudes, qui date d'avant la seconde guerre mondiale, alors que cet auteur termine sa carrière quelque 40 ans plus tard et qu'il est surtout connu pour sa théorie des motivations personnelles qu'il assimile aux forces vitales du psychisme. C'est pourquoi nous revenons ici sur la genèse de la pensée de Porter, en nous fiant à ce que Porter a écrit lui-même dans un article intitulé : On The Development of Relationship Awareness Theory[1]

 

 

L'influence de Carl Rogers

 

Il est intéressant de noter le contexte d'émergence de la liste des attitudes décrites par Porter. C'est vers la fin des années trente qu'il subit l'influence de Carl Rogers, 'maître de non directivité', si tant est que la non directivité puisse avoir un maître. Rogers lui apprend à « entrer dans la pensée d'autrui » et lui montre que plus on devient conscient de son comportement et de ses motivations, plus on est porté à développer de nouveaux concepts, de nouvelles motivations et de nouveaux comportements. Autrement dit : plus on se connaît et se reconnaît et plus on se développe. Cette croyance est le fondement du credo humaniste américain.

A la veille de la guerre, la commission sociale de l'Etat de l'Orégon demande à E. Porter de participer à la sélection de travailleurs sociaux. Il met alors au point un test de huit heures pendant lesquelles les candidats devaient répondre à des  questions portant sur cinq (et non six) attitudes fondamentales dans le contexte du travail social.

 

*    La personne moralisante qui explique aux gens ce qu'ils doivent faire

*    La personne portée à interpréter, qui sait ce que l'interlocuteur est supposé penser 

*    La personne rassurante qui pourtant sait ce que souffrir veut dire

*    La personne interrogative qui a besoin de toujours plus d'information

*    La personne empathique qui peut, à tout moment, se mouler dans l'expérience de son interlocuteur.

 

Cette typologie des attitudes conduit inexorablement à la personne empathique, non directive et sans doute idéale dans l'idée de non directivité développée par Porter comme par Rogers.

 

Non directivité, soit. Mais qu'en est-il de valeurs innées que nous portons en nous-mêmes ?

 

A ce premier stade de la pensée porterienne, il est difficile d'entrevoir la théorie future des motivations. Elle est pourtant contenue en germe, car la non directivité se fonde sur l'idée que nous avons en nous des forces merveilleuses, qui ne demandent qu'à se développer, mais que les contraintes ou les influences autoritaires peuvent déformer, dévoyer, parasiter, asphyxier, voire simplement tuer. A l'époque, ce test, prévu pour le recrutement de travailleurs sociaux, ne permet pas encore à Porter d'établir un lien quelconque entre ces attitudes et une carte interne des motivations pour la raison déterminante que ni Rogers ni Porter ne l'ont encore conçue. Elle n'apparaîtra dans le travail de Porter que vers les années 70.

 

L'influence d'Erich Fromm (1900-1980)

 

Porter devra d'abord lire Man for himself d'Erich Fromm (1947) [2]. De cet auteur, il adopte l'idée que le caractère d'une personne provient de certaines motivations. Il découpe alors la genèse du comportement en différentes strates : la motivation en premier, puis l'organisation du caractère, et enfin le comportement.

En fait, Fromm décèle dans le psychisme humain une orientation positive qu'il appelle « productive » fondée sur les pouvoirs de penser et d'aimer. Il y oppose une orientation passive, « non productive ».  Dans cette seconde orientation, il distingue quatre autres orientations :

 

*    Orientation réceptive, fondée sur le besoin de recevoir des autres.

*    Orientation poussant à prendre des autres, fondée sur le besoin de profiter de qu'ils peuvent apporter

*    Orientation de fermeture et de repli sur soi, fondée sur le besoin de se préserver de l'influence des autres

*    Orientation de quête perpétuelle, (orientation ''marketing'') fondée sur l'aliénation des potentiels de la personne et sur le besoin d'être en contact avec les autres, de quelque manière que ce soit.[3]

 

N'oublions pas non plus qu'il existe pour Fromm une orientation positive fondée sur l'intelligence et la volonté, c'est-à-dire sur l'essence de l'homme. Mais Porter préfère étudier d'abord les orientations passives, non productives, lui-même étant en position de clinicien. Curieusement, Porter adopte les catégories de Fromm pour elles-mêmes, sans les lier aux contextes sociaux comme le faisait Fromm. Il les reprend, en bon pragmatiste américain, simplement parce qu'il s'occupe, à l'époque, de personnes malades ou fragiles.

 

Porter s'éloigne de la pensée de Fromm
pour élaborer son propre système
.

 

Ce n'est que vers 1971 qu'il revient à son travail de recherche sur la structure du psychisme humain, après s'être intéressé à la notion d'heuristique, c'est-à-dire aux modèles susceptibles de provoquer ou faciliter des découvertes ou des connaissances nouvelles. Il choisit alors d'étudier le phénomène relationnel de préférence aux pathologies, estimant que ce champ d'investigation sera davantage propice aux développements nouveaux[4]

 

Reprenant le travail de Fromm, il élimine la tendance 'marketing' des êtres recherchant la relation à autrui pour être pris en charge, par aliénation de leurs propres ressources. Il n'en reste donc plus que trois :

 

*    Les personnes de tendance réceptive (tendance à se dévouer, à aider, à prendre en charge)

*    Les personnes de caractère profiteur (tendance à capter chez les autres les ressources qu'ils peuvent apporter)

*    Les personnes faisant prédominer la tendance à la fermeture, au repli sur soi.

 

Dans le texte qui nous sert ici de référence (article du Training Officer de Décembre 1983), Porter décrit, par une phrase anodine, le virage théorique crucial qui le mena aux affirmations définitives de son système :

« Lorsque, dans ces tendances, je conçus qu'il y avait des forces aspirant à des valeurs positives, l'interprétation des résultats, que j'obtenais par mes tests d'inventaires, changea de nature ainsi que les réactions à mes interprétations. J'eus alors la conviction d'avoir élaboré un dispositif heuristique capable de mieux conduire les gens à la découverte d'eux-mêmes [5] »

Dès lors, pour Porter, les tendances (ou besoins) psychologiques sont des aspirations au bien (au moins relativement à la personne) et non plus des symptômes de maladies. Dans la foulée, les tendances mauvaises (telles que le crime) sont réinterprétées comme le résultat de bonnes tendances contrariées. Donc, au départ, tout est bon, mais attention aux contrariétés. Tel est le discours dogmatique invariant de l'esprit moderne.

 

Le subjectivisme destructeur

 

Il nous reste maintenant à montrer dans les faits pourquoi les prémisses de cette théorie débouchent sur l'amoralisme radical.

Les trois tendances que, selon Porter,  nous portons en nous-mêmes, ne pouvaient évidemment se limiter à trois. En mélangeant les trois axes fondamentaux, Porter arrive à sept types d'hommes. De sept, on arrive bientôt à un nombre infini, car les tendances peuvent à nouveau se mélanger. Nous devrions donc conclure, d'après cette théorie, que nous avons en nous-même un système personnel de valeurs innées que nous cherchons à réaliser tout au long de notre vie.


Première conséquence :

Si notre système de valeur est personnel, s'il diffère de celui d'autrui, je ne peux l'invoquer comme norme commune. Ce qui est contraire à la notion morale de nature humaine, ce qui est contraire à la notion de règle morale. Pie XII voyait justement la cause de la perte du sens moral dans la tendance à nier la nature humaine.

« Avant tout, écrivait le Pape, il est certain que la racine profonde et dernière des maux que Nous déplorons dans la société moderne est négation et le rejet d'une règle de moralité universelle, soit dans la vie individuelle, soit dans la vie sociale et dans les relations internationales: c'est-à-dire la méconnaissance et l'oubli, si répandus de nos jours, de la loi naturelle elle-même. » Pie XII Summi Pontificatus  20 Octobre 1939

 

La vraie morale est rationnelle

 

Deuxième conséquence :

Si, comme le prétend Porter, nos tendances innées nous poussent vers des valeurs que nous voulons réaliser, il devient évident que la morale particulière des individus est irréfléchie, hors du champ de la raison. Ce qui est le contraire même de la morale naturelle véritable. Certes, l'homme ne peut modifier sa nature ni la fin que Dieu lui assigne de toute éternité. Mais il choisit les moyens pour parvenir à cette fin ; cela nécessitant une réflexion qui ne se termine jamais totalement.

Certes, la morale suppose certains principes. Elle naît de l'orientation primordiale de la nature humaine vers la « béatitude » éternelle, passant d'abord par la béatitude temporelle. Nous ne pouvons changer ces dispositions de base. Mais dans chaque situation concrète, il n'est pas toujours aisé de déterminer ce qui nous conduit le plus et le mieux vers notre fin.

La morale n'est donc ni un règlement de gendarmerie, ni une anarchie. Elle ne peut se développer que par un effort de réflexion, par l'expérience et par la recherche de références sûres. Nous sommes loin de la carte interne qui nous guide infailliblement ...

Ainsi, pour l'éducation des enfants, il est clair que l'objectif est d'en faire des adultes accomplis, capables d'assumer leurs actes et de prendre leurs responsabilités. Mais le choix des moyens est souvent délicat, et il doit intervenir en tenant compte de la situation extérieure, du caractère de l'enfant, de sa santé, des ses facultés, de son développement. Chaque cas particulier nécessite bien des réflexions, des essais et des changements. La réflexion morale n'est jamais terminée. Faire abstraction de l'intelligence dans l'acte moral n'est pas seulement la négation de la morale elle-même, c'est aussi la négation de l'expérience quotidienne de chacun.

 

Est-il vrai que le ressort du comportement
réside dans la recherche de la valorisation de soi ?

 

Les porteriens posent en principe que la carte de motivations, définie par Porter, explique le comportement. « La Théorie de la Conscience des Relations se fonde sur l'idée que le comportement correspond avec ce qu'une personne trouve valorisant dans les relations interpersonnelles et avec les concepts et croyances que la personne a sur la façon d'agir envers les autres pour mettre en acte cette valorisation. » [6]

Si tel est le ressort véritable de tout comportement, aucun acte, aucune parole ne se distingue jamais du comportement individualiste et orgueilleux. Qu'en est-il ? En fait nous sommes capables de distinguer les manifestations d'orgueil narcissique des autres comportements orientés vers un bien objectif et non subjectif. Même s'il est vrai que la volonté est faite pour aimer le bien. La différence entre la psychologie porterienne et la vison réaliste de l'homme, c'est que ce réalisme pose en premier une nature humaine universelle, qui se réalise toujours particulièrement dans chaque individu. (Aristote). Il s'en suit que les valeurs qui nous animent (par exemple dans les dix commandements) ont directement ou indirectement, une portée universelle. L'homme doit évidemment tenir compte de son statut particulier d'individu, mais il tend à l'universel. Une axiologie personnelle, rapportée à l'individu est sans valeur.

 

La théorie de Porter donne-t-elle la clé de la résolution des conflits ?

 

Afin de mieux comprendre la méconnaissance de la morale par le piège de l'individualisation des valeurs, reprenons l'exemple que nous fournissent certains tenants de la théorie de Porter dans la gestion des conflits. A cette fin, nous reproduisons pour partie un document[7] élaboré par des formateurs proposant aux entreprises des formations sur la théorie de Porter. Il s'agit de l'avortement.

 

Traduction du texte par Céline Muhgot. Texte original en note

«On ne peut pas (ou on ne devrait pas) rapporter le conflit à quelque position faussement objective. On doit le traiter en restant au niveau de la subjectivité.

Prenons le cas de l'avortement. Bien que les conflits, en cette matière, puissent être situés (et le plus souvent, ils le sont) sur divers plans : légal, moral ou théologique, le cœur de la question réside dans le système des valeurs portées par les individus. Nulle solution ne peut intervenir en la matière sans coller aux individus. La solution doit être centrée sur les individus.

 

Quand on exclut de l'analyse du conflit ces valeurs fondamentales individuelles, la controverse dégénère en une bataille émotionnelle de concepts abstraits, de points de vues et de sentiments. Précisons que, pour nous, la résolution du conflit ne consistera pas à changer notre opinion ni celle d'autrui. Il ne s'agira pas non plus d'adopter un point de vue sur l'avortement, acceptable par chacune des parties. Non. La résolution du conflit relationnel consiste à abandonner les attitudes et les actions que l'on pose au détriment de l'efficacité de relations interpersonnelles positives. Résoudre un conflit ne signifie pas victoire, conquête, défaite ou violence, mais cessation complète et totale des hostilités.» [8]

 

Ainsi, pour faire cesser les hostilités, est-il conseillé de ne pas regarder les faits, mais de tenir compte des individus, lesquels, devant les cas les plus sanglants, sont supposés ne défendre que leur ego, que leur manière de penser et ne rechercher que leur propre valorisation. Il suffit d'appliquer le système aux drames multiples de l'humanité : des milliers de morts sous l'ère de Néron jusqu'aux massacres de la seconde guerre mondiale, pour percevoir l'inanité voire la nocivité du système.

 

Réduire les dires d'une personne à une opinion personnelle en lui enlevant toute portée objective est un procédé de « négociation » connu dans les entreprises. C'est le moyen le plus simple pour tenter d'enlever son importance aux positions d'un interlocuteur. A l'inverse, les revendications les plus personnelles peuvent être grossies et globalisées par des procédés dialectiques bien connus de certains syndicalistes. Les deux procédés dérogent à l'équité dès lors que la réalité n'est pas respectée. L'obligation de vérité est une valeur morale qui, normalement, s'impose à tous et ne dépend pas d'un système personnel de valeurs. Elle passe nécessairement par le respect du réel. Penser autrement, c'est préférer le système du plus malin ou du plus fort.

 

Conclusion

 

Premier point : La théorie porterienne assigne à la psychologie la place de Reine des sciences, au dessus du Droit, qui regarde ce que dit la loi, au dessus de la morale qui regarde d'abord les faits et les juge bons ou mauvais, au dessus de la théologie, qui, sans doute, est perdue dans les nuées. Il faut donc regarder les motivations des individus et non plus les faits.

 

Deuxième point : la réduction de la portée des jugements d'autrui est inévitable. Concrètement, dans l'entreprise, c'est le plus sûr moyen de faire comprendre aux collaborateurs que leur avis ne compte que pour ce que compte leur subjectivité, c'est-à-dire rien ou presque rien.

 

Troisième point : La théorie voit les valeurs fondamentales de chaque individu comme étant indépendantes des situations, de l'éducation de la culture ou de l'environnement. L'individu est donc imperméable au raisonnement et à l'expérience. Triste individu.

 

Quatrième point : Porter se sert des travaux de Fromm. Pour autant, il n'en reprend pas la portée sociopolitique. Il est alors curieux de voir comment les orientations « passives » explicables chez Fromm par l'action dissolvante du Surmoi sur le Moi, deviennent chez Porter de simples ingrédients destinés à fabriquer un modèle d'analyse. Qui plus est, les orientations passives, de transformation en transformation, deviennent des motivations innées qui attestent des forces positives. En fait, dans son article On The Development of Relationship Awareness Theory, cité par nous,  Porter nous a donné accès à la cuisine où s'est élaborée sa théorie.

 

Céline Muhgot



[1] Article accessible aujourd'hui sur internet : us.personalstrengths.com

[2] Il est curieux de voir Porter retenir de Fromm son analyse du psychisme humain sans faire référence à son orientation idéologique et politique. En fait, Fromm est avant tout un disciple de l'Ecole de Francfort, école qui a voulu, au moins dans sa première phase, opérer une jonction entre la psychanalyse et le marxisme. L'analyse psychique a d'abord une visée sociologique. Pourquoi cela ?

Pour l'école de Francfort, il s'agit d'expliquer le triomphe du nazisme. En reprenant les catégories de Freud, l'école explique que le moi est dissout par l'influence sociale du surmoi (l'autorité, le chef). L'homme s'habitue alors à ne plus penser par lui-même, à tout attendre des autres, à faire taire en lui les dynamismes et les potentiels d'actions personnelles. L'homme devient aliéné et assisté. D'où les orientations passives de Fromm. L'analyse psychique explique ce qui est mauvais dans la société. Son orientation globale est tournée vers la critique de l'autorité. On aura reconnu les thèses de base qui furent à l'honneur dans le mouvement de mai 1968.

[3] Même si elle ne les recoupe pas totalement, cette typologie n'est pas sans rappeler celles de l'analyse transactionnelle. En fait, ces psychologues disent la même chose : 'il y a en nous des prédispositions relationnelles qui programment, à notre insu, notre comportement et le regard que nous portons sur le monde.'

Même s'il ne faut pas nier les tendances comportementales, cet a priori enlève au sujet, chez la plupart des courants que nous étudions, la possibilité d'être avant tout un être humain, capable de se gouverner par la raison et par la volonté. Ces théories attribuent aux besoins de l'homme, pris indistinctement, un statut ontologique rendant compte du sujet dans son être même. C'est pourquoi elles constituent la première marche d'une analyse qui ne distinguera plus entre l'aliénation réelle et la santé mentale. A terme, c'est la population entière qui sera étudiée par ces courants psychologiques sur les modèles qui auront servi à l'étude des aliénés mentaux.

[4] Notons que la démarche d'Abraham Maslow est similaire. Lui aussi donne sa préférence à l'étude des gens bien portants. C'était déjà le cas de Rogers, ce sera aussi le cas de Frederik Herzberg, de McGegor, de Hershey et Blanchard, de Blake et Mouton, etc. L'enjeu est évidemment bien plus important que celui d'une simple préférence personnelle : c'est une orientation nouvelle de la psychologie qui se décide. On étudie l'homme scientifiquement afin de décrire scientifiquement les relations qu'il doit avoir dans la société qu'on lui fabrique tout aussi scientifiquement. Dans quel but ? Disons le dès maintenant : les relations interpersonnelles doivent être consensuelles.

[5] "As I began to conceive of these strivings as strivings for positive values, the quality of my interpretations of the inventory scores began to change and so did the responses to my interpretations. I was convinced that I had produced a better heuristic device that could help lead people to self-discovery"

Bien qu'issues de la théorie de Fromm en tant que tendances passives, et donc non productives, explicables, selon Fromm, par le Surmoi social qui s'installe dans la psychisme en lieu et place du Moi personnel, Porter découvre un aspect positif à ces tendances, qu'ils considère comme primordiales. Nous ne dirons pas que Porter commet un contresens en interprétant Fromm. Il est évident qu'il était à la recherche d'une carte des motivations internes et qu'il la trouve chez Fromm. L'orientation et la signification que lui donnait son auteur importent peu. L'important c'est la carte que, d'ailleurs, Porter remanie largement. Ainsi vont les « découvertes » de la recherche.

[6]  Cf.: us.personalstrengths.com On the Development of Relationship Awareness Theory. A Personal Note by Elias H. Porter, Ph.D.: " Relationship Awareness Theory is based on the premise that one's behavior traits are consistent with what one finds gratifying in interpersonal relations and with concepts or beliefs one holds about how to interact with others to achieve those gratifications."

[7] Document en notre possession

[8] Conflict between humans cannot and should not be moved to some false objective position but rather must be dealt with subjectively. Example Abortion:

Though conflict on this topic can be, and usually is, addressed on a legal, moral, or theological basis, it is at its core, an issue of individual value systems. No resolution can be made on the topic at a distance from the individual. It must be made centrally to the individual

When core values are left out of the understanding of the conflict then argument degenerates to an abstract and often emotional battle of concepts, terms and feelings. It must be noted here that the resolution of conflict for our purposes is not to change one view or the other, nor is it to arrive at a definitive and mutually agreeable view of abortion. But, resolution of conflict in human relations is the cessation of those attitudes and action which are a detriment to effective and positive interpersonal relations. Resolution of conflict does not mean winning, conquering, defeating or beating but rather complete and thorough cessation of hostilities.

 

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