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Un regard sur la technocratie qui se manifeste dans le management avant de se répandre sur la société toute entière. L'origine des théories, les manipulations mentales, l'amoralisme et la société de consommation, la déchristianisation. Un remède : la doctrine sociale de l'Église

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L'esprit des sectes dans le management

Discerner l'esprit des sectes dans le management ne veut pas dire qu'on assimile les entreprises à des sectes. Il importe de distinguer entre l'esprit  des théories de mangement et les entreprises. Il reste que l'influence de l'esprit des sectes est indubitable. Par cet aspect, la recherche des causes de la déchristianisation dans l'entreprise vaut pour la société toute entière. L'antithèse avec la doctrine sociale de l'Eglise est frappante.



L'esprit des sectes dans le management. Entretien avec Hugo Clementi et Céline Muhgot

 

Céline Muhgot : Les journaux (1), mais aussi quelques syndicats, voire certaines instances publiques officielles (2), dénoncent périodiquement la pénétration de sectes dans les entreprises (essentiellement scientologie, new-age et dérivées).

Hugo Clementi : Vous remarquerez que ces prises de positions ne font preuve d’aucune fermeté du fait de leur embarras à définir la moindre norme.(3)

C. M. : Hélas, oui ! C’est pour cela que j’aimerais que nous en parlions, car ceux qui voudraient dénoncer les sectes découvrent les embarras du siècle, ne peuvent en aucun cas se référer à ce qui fait la " bonne société ", puisque notre époque livre les notions de norme, de nature et de bonne société au sempiternel débat d’opinions propre à l’esprit démocratique.

H.C. : Il importe de ne pas appeler secte tout et n’importe quoi. Mais si l’on refuse la notion de norme, il n’y a plus de définitions possibles.

C. M. : Avez vous une définition à proposer ?

H.C. : L’Icres a travaillé ce sujet. Nous bénéficions aujourd’hui de la perspective de plus de deux mille ans d’histoire. Inutile de s’en priver. Dès l’antiquité, pendant le moyen âge, à la Renaissance comme à notre époque contemporaine, les sectes ont toujours possédé en commun certains traits constitutifs essentiels. Pour les exposer, nous nous inspirons de l’étude de Igor Chafarévitch intitulée Le phénomène socialiste.(4)

  • Vision gnostique globalisante
  • Refus de la Religion catholique et de son Eglise,
  • Refus de l’autorité, de la hiérarchie et des institutions sociales, et particulièrement refus de l’autorité de l’Etat.
  • Haine de la famille
  • Communautarisme, égalitarisme.

C. M. : Le problème est de savoir ce qui diffère entre les sectes et le trait commun qui permet de les appeler sectes.

H.C. : Chafarévitch énonce les quatre derniers critères comme étant des contours commun à toutes les sectes depuis l’antiquité.(5) Il les dégage à partir de l’étude des principales d’entre elles : le socialisme étant l’avatar moderne du courant sectaire. Pour notre part, nous ajoutons le critère de la vision gnostique globalisante (6) au motif que les sectes diffèrent entre elles par cette vision, beaucoup plus que par leurs pratiques. Mais si les théories se distinguent l’une de l’autre, les pratiques sectaires se rejoignent jusqu’à se confondre ( Max Weber parle à ce propos d’ascèse ou de praxis). C’est par ces dernières qu’on pourra définir globalement l’esprit de secte sans avoir à préciser de laquelle il s’agit.(7)

C. M. : L’emprise des sectes est stigmatisée comme une dangereuse (8) entreprise de " manipulation mentale " attentatoire à la sacro-sainte liberté et à la non moins sainte " dignité de l’homme ".

H.C. : Mais, la manipulation mentale reste elle-même difficile à cerner. Le paradoxe est cruel : cette présentation de la situation se fonde sur l’hypothèse (non formulée) de sectes au caractère fort qui s’attaquent aux pauvres individus débiles et démunis, influençables et crédules.

C. M. : En quoi est-ce paradoxal ?

H.C. : Parce que cette hypothèse soulève évidemment un autre problème : d’où vient que les individus, toutes catégories sociales confondues, cadres, patrons, ouvriers, etc. paraissent à ce point diminués, naïfs et dénuées de jugement ? Ne s’agit-il pas de femmes et d’hommes du XXIème siècle, rationnels et responsables, instruits et formés aux nouvelles valeurs laïques de notre rutilante société moderne, et de ce fait, adultes, autonomes et citoyens ? Il semble que les sectes jouent sur un registre que notre société moderne avancée ignore totalement. Ne serait-il pas urgent de faire la lumière sur ce point ?

C. M. : Ne pourrions nous pas prendre des exemples ?

H.C. : Prenons celui des cathares. Formons une grille d’analyse à l’aide des points que nous avons mentionnés et appliquons cette grille aux cathares (du grec khataros qui veut dire pur).(9)

  • Vision gnostique globalisante

Ce mouvement oppose la matière, principe du mal, au monde spirituel, principe du bien. Il existe deux divinités : la première a créé le monde matériel, la seconde, le monde spirituel.

  • Refus de la religion catholique et de son Eglise

Les cathares nient donc l’incarnation de Jésus-Christ. Les cathares ne supportaient pas la Croix, symbole du Dieu mauvais. Au XIIème siècle, Pierre de Bruys dressait des bûchers de croix, avant d’être lui-même brûlé par la foule indignée.

  • Refus de l’autorité, de la hiérarchie et des institutions sociales

Les notions de bien et de mal, chez les cathares, compromettent l’ensemble de la vie sociale : le pouvoir temporel vient du mauvais. Il est donc bon de ne pas se soumettre aux autorités.

  • Haine de la famille

De leur conception globale du monde créé, découle leurs pratiques ascétiques. L’accouplement est interdit. La procréation est une œuvre satanique, la femme enceinte est sous l’influence du démon.

  • Communautarisme, égalitarisme

La propriété est rejetée en tant qu’élément matériel et donc élément mauvais. Les " parfaits " ne possédaient rien en propre, mais disposaient en commun de biens considérables.

C. M. : En quoi cette grille est-elle commune aux autres sectes ?

H.C. : Elle s’applique aussi bien a d’autres exemples. Prenons le cas emblématique de l’anabaptisme. (XVIème siècle) (10)

  • Vision gnostique globalisante

L’apôtre anabaptiste Klaus Storch affirmait que les élus pouvaient entrer en contact avec Dieu comme au temps des apôtres. Les autres prophètes annonçaient l’instauration du royaume millénaire de Dieu sur la terre, une fois leur religion et leur baptême acceptés.

  • Refus de la Religion catholique et de son Eglise

La doctrine affirmait que l’Eglise catholique s’était dévoyée en abandonnant l’enseignement du Christ à l’époque de l’empereur Constantin. En conséquence la secte rejette la tradition de l’Eglise (sa doctrine et son organisation) parce que non contenue dans l’Ecriture.

  • Refus de l’autorité, de la hiérarchie et des institutions sociales

Dans un ouvrage publié à Erfurt (fin du XVIème sicle), un auteur dénommé Wagner nous rapporte que la théorie de Storch stipulait qu’il fallait " supprimer tous les pouvoirs civils et religieux ou bien les anéantir par le glaive, car ils boivent le sang et la sueur de leurs malheureux sujets ". … " Il faut attaquer les bourreaux, s’emparer de leurs maisons, piller leurs biens, raser leurs châteaux " … Tout un programme.

  • Haine de la famille

Les anabaptistes pensaient que le Christ leur avait apporté la liberté. En conséquence ils ne devaient dépendre d’aucune loi, ni civile ni morale. Toujours dans le livre de Wagner, on peut lire : " aucune union maritale ne doit être célébrée, ni secrètement, ni publiquement… Chacun peut choisir autant de femmes que son désir l’exige et vivre avec elles selon son bon plaisir dans l’intimité charnelle ". Certains allaient jusqu’à affirmer que les femmes mariées ne pouvaient se racheter qu’en cassant leur mariage. En pays tchèque, les enfants étaient enlevés aux parents dès l’âge de deux ans pour être élevés par la communauté.

  • Communautarisme, égalitarisme

Les anabaptistes se heurtèrent en Suisse à une forte opposition en la personne de Zwingli. Ils durent passer en Bohème. D’importantes communautés se fondèrent alors sur un principe collectiviste où toute vie personnelle disparaissait. Outre la communauté des biens, " toute la vie des frères se déroulait au grand jour. Il était interdit de se préparer quelque chose de particulier, les repas en commun étaient obligatoires.

Ce court aperçu (11) nous montre concrètement l’esprit qui gouverne nos sociétés modernes : attaques contre l’Eglise et la Religion dans les films ou les manifestations " artistiques ", attaque contre la famille par les lois civiles et fiscales, ruine de l’autorité, égalitarisme…

C. M. : Mais le monde du travail n’est-il pas plus sérieux ? En quoi le management est-il concerné par ces théories fumeuses ? Se peut-il que nous retrouvions chez les gourous de l’organisation les mêmes cinq constantes propres à tout mouvement sectaire ?

 H.C. : En fait, par cette grille, le rapport entre les grands courants du management et l’esprit sectaire devient une évidence. Nous n’affirmons rien sans preuve.

C. M. : Cette grille peut sans doute servir à l’analyse des sectes. Mais ne sommes nous pas un peu loin des théories de management ?

H. C. : Reprenons les mêmes critères et vous jugerez vous même.

  • Vision gnostique globalisante

Pour l’homme moderne, l’Evolution et le Progrès (majusculaires) dominent les sociétés, les civilisations l’histoire tout entière. Quant à l’homme, le management le représente comme un individu autonome, Roi de la création, et par la Science (toujours avec une majuscule),quasi divin. Il pense que les époques passées enfermaient l’homme dans de fortes structures sociales. L’époque présente l’a libéré de ce carcan. Elle conçoit l’homme indépendant, rationnel, capable de se donner sa propre loi, en fonction de ce que lui suggère sa conscience. L’individu-Roi d’aujourd’hui ressemble très fort aux "libres esprits " du 13ème et 14ème siècles qui se targuaient d’échapper à toute contrainte morale. Abraham Maslow,(12) après McGregor, affirme que les besoins individuels de l’homme vont jusqu’à l’accomplissement de soi, lequel n’est possible que par des expériences paroxystiques qui s’apparentent avec les grandes révélations religieuses. Dans un de ses ouvrages, (13) l’auteur américain écrit : " Pour résumer, il semble très probable que l’expérience paroxystique soit le modèle de la révélation religieuse ".Pour lui l’individu n’est réellement individu qu’après une phase mystique, stade d’évolution ultime (et donc plus parfait). Ce qui est une manière de justifier l’individualisme américain comme marque de la société la plus avancée, la plus moderne, et spirituellement la plus parfaite.

  • Refus de la religion catholique et de son Eglise

Il est intéressant de noter que, pour Maslow, les expériences paroxystiques par lesquelles l’homme touche au divin doivent rester individuelles. Il précise : " Très clairement, on ne saurait confier ces valeurs à aucune église ". Le chapitre 4 de l’ouvrage cité est intitulé " Du danger des organisations pour les expériences transcendantes "

A ce régime intellectuel, le mépris de l’Eglise est inévitable. Ainsi(14), p. 83 : " Tournons-nous vers l’histoire et observons tous les exemples qui nous y sont offerts de l’église débitant ses piétés au beau milieu de l’exploitation et de la dégradation humaines comme si les unes n’avaient rien à voir avec les autres (" Rendre à César ce qui appartient à César "). Cette religion toute de promesses non tenues qui, plus souvent qu’à son tour, s’est transformée en un suppôt du mal quotidien, est presque inévitable lorsque l’existant n’a aucun lien intrinsèque et constant avec l’idéal, lorsque le paradis est ailleurs très loin de la terre, lorsque l’amélioration de l’homme devient impossible dans le monde et ne peut être réalisée qu’en renonçant à lui ".

C. M. : Vous avez cité Maslow.

H.C. : Qui conteste l’influence de Maslow sur le management ?

C. M. : Assurément personne.

H.C. : Bien des entreprises ont cherché à faire faire à leurs cadres des expériences paroxystiques en les envoyant suivre des stages de survie dans le désert, des stages de sauts à l’élastique ou encore des séjours chez les Vaudous. En touchant au divin, l’entreprise pouvait s’offrir les services de demi-dieux ou de véritables prophètes…

On l’aura remarqué : Maslow, comme les Quakers ou les libres esprits du 14ème siècle, recherche le plus possible de révélation divine, le plus possible de religion avec le moins possible d’Eglise le moins possible de structure, dans un individualisme radical. Le besoin d’accomplissement de soi met l’individu au-dessus de toute structure qu’elle soit religieuse ou sociale.

C. M. : Le refus des structures engendre sans doute le refus de l’autorité ?

H.C. : Exactement. Permettez-moi de vous citer un extrait d’article que nous avons rédigé sur ce sujet.

  • " Refus de l’autorité, de la hiérarchie et des institutions sociales

Très logiquement, la promotion de l’individualisme, qui s’oppose aux institutions sociales de toutes sortes, aboutit au refus de l’autorité, au refus de la hiérarchie. Quittons Maslow, qui n’a pas été le seul à sévir dans les entreprises. Citons Hervé Sérieyx (15) qui emboîte le pas de la tendance managériale dominante : " Les organisations hiérarchiques, prévient-il, auront vécu et les pyramides ordonnées, auxquelles nous étions si bien habitués, redeviendront ce qu’elles furent à l’origine : des tombeaux ". On pourrait multiplier les citations : " Ces structures d’obéissance, de subordination, deviennent idiotes, décalées par rapport aux changements intervenus dans la société, et surtout terriblement antiéconomiques "… Et encore : " Dorénavant, chacun sait que les chefs ne savent pas ou du moins, qu’ils ne savent pas plus que nous sur l’évolution des événements… le chef, tout seul en haut, c’est fini ".

On aura une idée de l’ampleur du refus de la hiérarchie et de l’autorité à la lecture de notre conférence à l’Institut saint Pie X du 18 octobre 2004 (16).Nous ne nous répéterons pas ici Sans doute sommes-nous insuffisamment avertis sur la gravité du recul ou de la disparition de la hiérarchie dans les entreprises. Rappelons que la hiérarchie est normalement chargée du bien commun. Sans hiérarchie, personne ne peut s’en charger. Il n’y a donc plus de bien commun. C’est ce qui rend l’atmosphère si bizarre pour les plus forts et les plus résistants et si désespérante pour les plus vulnérables.

L’entreprise ne s’appuie plus (ou s’appuie le moins possible) sur les structures. En conséquence, elle demande davantage aux individus , sommés de suivre des stages de " développement de soi " afin de pouvoir s’auto-organiser, s’adapter, se reconvertir dans les structures matricielles (17), transverses ou " adhoc ", qui toutes ont en commun de ne pas être hiérarchiques. C’est par le développement de soi que s’engouffrent les sectes dans une entreprise qui, sur la praxis, n’a rien à envier aux sectes. L’esprit est déjà formaté. "

C. M. :
Le problème de l’autorité et des structures dans l’entreprise est sans doute central. Mais qu’en est-il de la famille ? Au premier abord, le mot haine semble trop fort. Le management ne s’occupe pas des affaires de famille. Dire qu’il l’ignore, cela ne paraîtrait-il pas plus juste ?

H.C. : Et pourtant… Il y a l’incitation continuelle au travail des femmes, qui ne vient pas que de l’Etat, mais des entreprises. Il y a la préférence accordée aux femmes qui n’ont pas d’enfants ou qui n’en veulent pas. Il y a l'instabilité permanente, la mobilité des cadres et des techniciens, il y a le nomadisme oraganisé. Nos articles sur le mondialisme en parlent suffisamment. Enfin, il y a dans les programmes de développement personnel, des séances où l’on apprend combien néfaste est l’influence parentale. Qu’on en juge !

  • Haine de la famille

Les " spécialistes " de l’Analyse Transactionnelle assurent que l’homme en naissant est un Prince, doté de qualités et de potentialités laissant présager savoir-faire et réussite. Mais hélas ! Voilà que sur son berceau se penchent un méchant ogre et une mauvaise fée qui jettent un sort à l’enfant et le transforment en crapaud, c’est à dire en " perdant ". L’ogre, c’est le papa. La méchante fée, c’est la maman. R. et M. Goulding (18) ont imaginé les injonctions maléfiques qu’adressent les parents à leurs rejetons : " N’existe pas ! Ne sois pas toi-même ! Ne grandis pas ! Ne réussis pas ! Ne sois pas sain d’esprit ! Ne te porte pas bien ! " La relation parentale à l’origine du mal, il fallait l’inventer !

C. M. : Le livre de Michel Tougne Ni Prince Ni crapaud fait état de R. et M. Goulding. Il cite les textes. Il faut les lire pour croire que de telles médisances puissent exister!

H.C. : Les textes sont là, en effet. Il suffit de lire. Voulez-vous un autre exemple tiré d’une autre théorie de communication, employée dans les entreprises : la Programmation – Neuro – Linguistique (PNL) ?

C. M. : Allons-y pour la PNL !

H.C. : Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul (19) racontent l’histoire d’une femme qui se plaignait de ne pas oser dire à son mari qu’elle éprouvait parfois des sentiments de tristesse alors même que, selon elle, celui-ci aurait sans doute très bien compris et accepté ses états d’âme si elle en avait fait la confidence. Lors d’une séance, le spécialiste (?) lui fait découvrir l’origine du blocage pathologique : le souvenir de sa mère qui lui refusait d’être intime, d’exprimer ses sentiments !

C. M. : Il s’agit toujours de faire le procès des parents.

H.C. : Il s’agit toujours du procès de la famille. Eh oui, chers parents, vous n’imaginez pas le mal que vous pouvez faire à vos enfants et les handicaps dont vous les encombrez en voulant les éduquer. Que la PNL et l’Analyse Transactionnelle soient employées dans les entreprises au point de faire figure de nouvelles théories de communication indispensables à l’établissement de relations de travail profitables est encore un signe certain de la parenté des pratiques managériales avec la pensée sectaire.

C. M. : Mais pour ce qui est de la propriété, on ne peut tout de même pas dire que le capitalisme est contre la propriété privée ?

H.C. : Nous en arrivons au dernier point. Je vous assure que je ne cultive pas le paradoxe ni ne cherche à étonner. L’égalitarisme découle du refus de la hiérarchie. Il se traduit par les jérémiades de Tom Peters (20) qui dénonce les pratiques humiliantes : parking de la Direction différent de celui du personnel ! Ou encore l’état désastreux des vestiaires découverts par les mineurs britanniques rentrant dans leurs locaux en 1985 après un an de grèves ! etc. La littérature managériale rejoint parfois la prose de Lutte Ouvrière.

L’égalitarisme, c’est aussi le sempiternel discours sur la lutte contre la discrimination prônant le développement du travail des femmes, au détriment de la famille, l’interdiction de discrimination à l’embauche et dans le travail, notamment pour critère de " préférences sexuelles ". L’égalitarisme, c’est aussi le rétablissement du travail de nuit pour les femmes etc. etc. Quant à la propriété, le management préfère la consommation. L’influence des entreprises sur les gouvernements visent toujours à faire dépenser, à doper la consommation jusqu’à l’endettement, beaucoup plus que la propriété. Quant à l’épargne, elle doit s’investir, sous peine d’être stigmatisée comme inutile, voire nuisible.

C. M. : Ce point mériterait plus de développement et de précision.

H.C. : OUi, car il est très important. Ni l'économie, ni la fiscalité actuelles ne favorisent la famille. L’Icres se propose d’étudier encore beaucoup d’autres domaines. En ce qui concerne la " pénétration des sectes " dans le monde du travail, le vrai problème de réside dans le fait que les pratiques adoptées en maints endroits forment l’esprit, impose des habitudes qui rejoignent celles des sectes, lesquelles n’ont vraiment plus à se cacher : elles sont de plain pied avec l’esprit du management, lequel, par ses origines et par les conséquences qu’il développe, se trouve être d’essence sectaire.

C. M. : Sans doute, vous attendez vous à la question : qu'est-ce qu'on peut faire ?

H. C. : Revenir la la doctrine sociale traditionnelle de l'Eglise. Car l'Eglise a toujours pris la défense de la famille, de la propriété privée et  de l'Etat. Elle a toujours enseigné le règne social de notre seigneur Jesus Christ. L'opposition entre les sectes et l'Eglise a toujours existé. Il ne faut pas s'en étonner.



 1. Par exemple, Valeurs actuelles 11 mars 2005

2. Cf. le rapport d’une enquête parlementaire présidée par Alain Gest et Jacques Guyard, publiée en 1996. De nouveau en 1999, une deuxième enquête parlementaire avec les députés Jacques Guyard et Jean Pierre Brard. Voir aussi la mission interministérielle de lutte contre les sectes, la MILS, maintenant la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : la MIVILUDES. Au passage, un grand merci à Fulcran de Berges pour la documentation qu’il a bien voulu réunir sur la question.

3. Exemple d’embarras à définir ce qui est sectaire et ce qui ne l’est pas, la réponse d’un psychiatre, auteur d’un livre sur les sectes, à la question suivante :

Question : Comment se prémunir de l’infiltration des services publics par la dérive sectaire ?

Réponse : Plutôt que la désignation ou la discrimination, certes utile s’il y a infraction, nous préconisons la reprécision des valeurs et des objectifs. Si une personne fait un travail de type sectaire à l’intérieur d’un service public, son appartenance à une secte ne peut être discutée. Mais le problème n’est pas là : dans la majorité des cas, elle est défaillante, frappée de carence ; la prévention s’impose et pour y parvenir, il faut en premier lieu affiner le cahier des charges et préciser les positions contractuelles, ensuite exercer une vigilance permanente pour s’assurer que les exigences sont totalement satisfaites. Si le contrat n’est pas rempli, la sanction peut tomber. Cf http:// www.ecole . Autrement dit : recentrer sur les " valeurs " managériales de l’entreprise. La suite de cet entretien dira pourquoi nous pensons que l’essentiel n’est pas compris.

4. Igor Chafarévitch, Le phénomène socialiste, Ed du Seuil, Paris 1977. Une nouvelle fois, nous nous appuyons sur cet auteur, dont la lecture est nécessaire. Pour ceux qui n’auraient pas lu  La séparation de l’Eglise et du travail, cahier qu’on peut se procurer soit à l’Icres, soit à Civitas, nous précisons de nouveau : Chafarévitch, né en 1923 est un mathématicien de réputation mondiale. Il collabora, entre autres, au recueil Des voix sous les décombres, publié sous la direction d’Alexandre Soljénitsyne (Ed du Seuil 1975).

5. Cf. pp. 223-231

6. Il y a dans la pensée gnostique la prétention d’expliquer tout l’univers à partir d’un petit nombre de principes englobant l’entier des phénomènes de la vie naturelle et surnaturelle. Au contraire de la Révélation, qui respecte la nature humaine et qui donne à l’homme les connaissances nécessaires au salut (connaissances qu’il ne peut trouver de lui-même du fait des limites de son esprit), la gnose prétend conférer à l’homme des facultés efficaces naturelles (ou surnaturelles) nouvelles. On trouve dans la gnose une préoccupation de la Bible alors même qu’elle est contestée, une inversion du bien et du mal, un syncrétisme religieux : un dieu abstrait (l’Etre suprême), le monde en tant qu’œuvre d’êtres surnaturels, mais inférieurs, la divinité dans l’humanité mais dans un état dégradé. C'est la Rédemption (aujourd’hui l’Evolution) qui l’en dégage. Du temps des apôtres, le gnostique le plus connu est Simon le magicien.

7. Il est en effet logique de définir l’esprit sectaire par ce que les sectes ont en commun. Le caractère commun de leurs pratiques constitue une indication de première importance qui doit porter une âme baptisée dans l’Eglise catholique à la réflexion.

8. Au point que la loi About / Picard de 2001 ordonne la dissolution de toute personne morale poursuivant " des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à leurs activités "  Bigre ! Le " lien de subordination " des salariés serait-il en question ?

9. Chafarévitch, pp. 32-38

10. idem, pp. 48-55

11. Bien d’autres choses resteraient à dire sur les sectes. Nous limitons ici notre propos à l’illustration de notre grille en cinq points.

12. Deux Gourous du management. McGregor (1906-1964) ; Abraham Maslow (1908-1970). Ont développé des théories des motivations et des besoins de l’homme.

13. Abraham Maslow, L’accomplissement de soi, Ed Eyrolles 2004

14. Citation un peu longue, mais que nous tenons à mettre sous les yeux du lecteur, tant nous sommes habitués à entendre parler de Maslow dans des termes lénifiants et tranquilles. Pour parler de promesses non tenues, Maslow ignore sans doute les messages de La Salette, et de Fatima. Pour accuser l’Eglise de séparer le temporel et le surnaturel, il ne connaît sans doute pas les encycliques pontificales. Quant au Paradis sur terre, nous avons l’expérience communiste et ces millions de morts. Maslow regarde ailleurs…

15. Hervé Sérieyx, Mettez du réseau dans vos pyramides, ed Village Mondial, Paris 1996 pp. 13-17.

16. Ce seul point mériterait un livre entier. Nous nous sommes jusqu’ici limités à notre conférence, Le management contre le principe hiérarchique, qu’on peut se procurer à Civitas

17. Cf cahier N° 4 Le management participatif, le délabrement des relations humaines, Civitas, Février 2005

18. R. et M. Goulding, Changing Lives Through Redecision Therapy, New - York, Burmer Mazel 1979.

19. Alain Cayrol et Josiane de saint Paul : Derrière la Magie, La Programmation Neuro Linguistique InterEditions Paris, 1992. pp. 74 - 75.

20. Tom Peters Le chaos management InterEditions Paris, 1998 pp. 447-450

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