Un regard sur la technocratie qui se manifeste dans le management avant de se répandre sur la société toute entière. L'origine des théories, les manipulations mentales, l'amoralisme et la société de consommation, la déchristianisation. Un remède : la doctrine sociale de l'Église
Voulez-vous connaître l'origine du mal ? Voulez vous savoir pourquoi l'homme, destiné au bonheur, à la
bonté, devient malheureux et méchant ? Lisez cet article. Selon l'AT, l'origine du mal, c'est l'éducation parentale. Il fallait y penser !
LE SCENARIO OU PLAN DE VIE
L'A.T. utilise la notion de scénario, comparant la vie d'un individu à une pièce de théâtre, à un film ou encore à un conte de fées. (La comparaison ne peut surprendre que ceux qui n'ont pas encore l'habitude de ces courants de "pensée" modernes qui tiennent pour obligé de vivre dans l'illusion subjectiviste).
Le scénario s’inscrit dans la croyance fondamentale de l'AT selon laquelle tout être humain, à sa naissance, est un prince ; mais la vie le change en crapaud.
James et Jongeward expliquent : " Chacun naît en tant qu’individu unique avec un héritage de capacités et de potentialités lui permettant de se développer, de sentir et de s’exprimer. Selon Berne, cela signifie que chaque enfant est un ‘prince’ ou une ‘princesse’ en puissance. Mais très tôt, certains enfants reçoivent, de personnes ayant de l’importance dans leur vie, des messages qui les dévalorisent à leurs propres yeux d’une façon ou d’une autre, les amenant à se conduire en deçà de leur véritable potentiel. Ils deviennent des ‘crapauds’ ou des ‘bêtes’ ou lieu des gagnants que la vie les destinait à être.
L’histoire du ‘prince’ transformé en ‘crapaud’ est un conte de fée familier qui traduit ce vécu trop fréquent, trop réel. Un beau prince qui reçut un mauvais sort jeté par une méchante fée, est condamné à vivre dans la peau d’un crapaud, attendant qu’on vienne le délivrer ".
Berne définit ainsi le scénario : " le scénario est un plan de vie en voie de réalisation, conçu dans la petite enfance sous la pression parentale. Il constitue une force psychologique qui pousse la personne vers son destin, qu’elle le combatte ou qu’elle le présente comme émanant de sa volonté ".
Dans un scénario il faut distinguer : les injonctions, les prescriptions, le programme (ou modèle technique), la matrice du scénario et enfin la décision. Examinons ces cinq points.
Elles marquent l'origine du scénario. ‘Un sort’ est jeté à l'enfant. Un méchant ogre et une vilaine fée se sont penchés sur son berceau et l’on transformé en crapaud. Pour cela, ils ont adressé à l’enfant nombre d’injonctions verbales ou non ; ils ont dressé nombre d’obstacles au libre comportement de l'enfant. Par les injonctions, les parents projettent sur leur enfant leurs désirs non satisfaits, ce qu'ils auraient voulu être, etc... Voici, d'après Mary et Robert Goulding quelques exemples d'injonctions :
Le lecteur aura peut-être quelque peine à croire que des parents, normalement constitués portent en eux-mêmes des désirs qu'ils n'ont pu réaliser qui les poussent à signifier à leur enfant : "N'existe pas" ou encore "Ne réussis pas", etc... Il s'agit là, notons le simplement sans pousser plus loin l'analyse pour l'instant, d'un monde totalement irrationnel.
Elles sont généralement verbales. Elles prennent le contre-pied du scénario adopté à partir des injonctions. Chandezon et Lancestre donnent le cas d'un alcoolique chez qui alternent les "cuites" et les remords. Le contre-scénario, c'est le sentiment d'obligation, de devoir moral ("c'est vraiment désastreux de boire ainsi, je m'arrête tout de suite") qui suit le scénario (c'est à dire la "cuite").
Taïbi Kahler a regroupé ces prescriptions en six catégories :
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Sois parfait ! Sois fort ! Dépêche-toi ! |
Acharne-toi ! Fais des efforts ! Fais plaisir ! |
Les injonctions viennent de l'Enfant (E2) des parents et s'adressent à l'Enfant (E2) dans l'Enfant (E1) (i.e. l'Enfant fou) du petit garçon ou de la petite fille.
Les prescriptions viennent du Parent (P2) de la mère ou du père et s'adressent au Parent (P1) dans l'Enfant (E2) de l'enfant. C'est A1, le "petit professeur" de E2 qui prend la décision et fait en sorte de tenir compte à la fois des prescriptions et des injonctions pour reproduire la double contrainte "double bind" de l'analyse palo-altiste.
Le programme suit le mécanisme de l'identification œdipienne : la mère dit au garçon ce qu'il doit faire ; le père lui dit comment faire (fournit le programme de l'action). C'est l'Adulte A2 du père qui s'adresse à l'Adulte dans l'Enfant A1 du fils. Le processus est inverse chez la fille : c'est la mère qui lui dira "comment".
Exemple de scénario pour un fils, d’après les modèles de l’A.T.
Elle se prend à partir des influences contradictoires. Il s'agit, pour le sujet, de reproduire la contradiction à laquelle il est soumis, d'obéir à la fois aux injonctions, aux prescriptions et à ses propres désirs.
L'exemple connu des analystes transactionnels est celui du petit garçon auquel sa mère explique : "Tu es trop petit pour boire du whisky." Berne imagine alors que le petit garçon se met à parler "dans son langage de martien" et finit par comprendre : "Si je veux devenir grand comme Papa, je dois boire du whisky comme lui." - Pour Chandezon et Lancestre l'enfant "très subtilement" met son petit professeur (A1 dans E2) aux commandes et transgresse la loi sans l'enfreindre. En la recadrant, en quelque sorte.
Classification des scénarios
Les scénarios s'articulent autour de la notion du "gagnant" avec trois positions possibles : le scénario "gagnant" ; le "non-gagnant" et finalement "le perdant". On tient compte du contenu et de la situation vécue.
Berne précise que " le gagnant sait ce qu'il fera s'il perd, mais n'en parle pas ; un perdant ne sait pas ce qu'il fera s'il perd, mais il parle de ce qu'il fera s'il gagne. "
Le gagnant remplit son contrat avec lui-même et avec les autres. Il atteint ses objectifs - en terme d'A.T. c'est le "Prince" ou la "Princesse".
Le non-gagnant est le besogneux, qui travaille toute sa vie non pour gagner, mais pour s'en sortir. Il termine en disant "je n'ai pas à me plaindre, cela aurait pu être pire".
Le "perdant" s'arrange - c'est le verbe employé par Chandezon et Lancestre - pour ne pas réaliser ses objectifs, ni les contrats qu'il passe avec lui-même ou avec les autres ; en A.T. c'est le "Crapaud" ou la "Grenouille".
Critique de la théorie des prescriptions
Les cinq prescriptions que formule Taïbi Kahler sont pour lui des "messages négatifs" ou "messages contraignants" auxquels peuvent correspondre d'autres messages positifs. Précisions importantes qui ne peuvent être omises et que certains documents développent longuement.
Les descriptions qui accompagnent les phrases-type de Taïbi Kahler discréditent à coup sûr le message. "Sois parfait" est accompagné de la description d'un caractère scrupuleux. " Quand une personne est sous l'influence du message "sois parfait", elle s'obsède sur les détails, devient anxieuse de ne rien oublier, vérifie plusieurs fois, veut éviter toute critique... et fatigue son entourage par son exigence excessive et son irréalisme utopique ".
Certaines descriptions (fort longues) ne laissent aucun doute sur le fait que le désir de perfection morale est un vilain défaut.
Dans ces conditions, le message " fais des efforts " est évidemment injustifiable.
Cet article peut servir à révéler la conception morale de l'A.T. Les messages qualifiés de positifs - que nous voyons plus loin – sont, à cet égard, très significatifs. On expose des modèles, schémas, mécanismes ou matrices, mais il s'agit bien d'une "morale" particulière qui voudrait se substituer à une autre morale déjà en place et qui gène l'A.T. Il nous appartient d'identifier ces deux morales.
Remarquons tout d'abord le lourd soupçon que fait peser sur la famille la notion d'injonction. Tout le monde a son plan de vie (ou scénario). Un plan de vie trouve son origine dans les injonctions : toutes les familles sont donc concernées. Pour quelles raisons les 10 injonctions de Mary et Robert Goulding sont-elles marquées du sceau de l'irrationnel, de la bêtise, du principe anti-éducatif ? Ne citons que la dixième : " Ne sois pas sain d'esprit ! Ne te porte pas bien ! ". S'agit-il encore d'un travail de description, d'un travail de classement ou d'un travail de dénigrement ? Faut-il accorder le statut de "modèle" à ces injonctions censées simuler le mécanisme à l'origine des plans de vie (d'autres diraient des vocations : médecin, avocat, artisan, enseignant ou prêtre ?). Cette affabulation et cette médisance ont bien évidemment un but : Lequel ? Nous n'en savons rien. Constatons seulement : ces présupposés forcent à conclure que la morale ne se transmet pas : (seules se transmettent les injonctions d’une part, les prescriptions d’autres part, les unes venant contredire les autres et rendant le sujet schizophrène). La famille ne peut pas prétendre transmettre d’authentiques valeurs morales. Peut-être même que la morale ne s'enseigne pas ? Ce qui se transmet, ce sont les contre-valeurs irrationnelles, niant l'existence : "N'existe pas !" ; niant l'être : "ne sois pas toi-même !" ; prêchant l'échec : "ne réussis pas !" ; voire la maladie : "ne sois pas sain d'esprit !".
Comment ces valeurs de mort peuvent-elles traduire les aspirations et les désirs que les parents n'ont pu réaliser ?Revenons au constat : par l'injonction, l'A.T. signifie que les parents ne transmettent à l'enfant que les valeurs négatives qui lui "jettent un sort", le plongent dans un scénario. L'important est de comprendre que l'enfant, jeune et vulnérable, suce le venin des parents. La seule solution qu'il lui reste sera de "se faire lui-même". L'issue est déjà suggérée : "self-made man", créateur de son propre univers. Ou bien, s’il n’en est pas capable, il pourra se faire " refaire ", par une thérapie. Il y a, de la part de l’AT, une attitude de refus des êtres tels qu’ils existent, un profond désir de " refaire la création ".
Le procédé connu de l'amalgame.
Quant aux "prescriptions" ou messages dits "négatifs", l'A.T. les expose en dénigrant cinq vertus ; à savoir :
Une question de justice.
A la condition de ne pas réputer la morale de l'effort être une morale aveugle (arbitrairement et sans en dire les raisons), il est plus rationnel de penser que l'effort concours au succès. Le mérite vient de ce qu'on a su "prendre sur soi" pour obtenir une réussite. L'idée générale communément admise est qu'on n’a rien sans rien. Croire l'inverse est le propre de la mentalité magique. C'est ce que fait l'A.T.
L'esprit réaliste sait analyser les causes d'un échec et faire la part des efforts inutiles, des efforts méritoires et des éléments qu'on ne maîtrise pas. On peut souvent attribuer à des éléments extérieurs à l'homme les causes d'un échec. La justice oblige à dire que dans ces conditions l'homme n'a pas démérité. Il importerait de dissocier mérite et succès, de savoir continuer à apprécier le mérite dans la situation d'insuccès. Pour une vision plus rationnelle des choses, mais aussi pour une question de justice.
L'A.T. dévoile son lourd héritage pragmatiste (est bien ce qui réussit ; est vrai ce qui plaît et qui réussit, etc...). Au message négatif "fais des efforts" on substitue le message "réussis à ta mesure". Le descriptif se veut séducteur : "l'essentiel dans la vie n'est pas de se fatiguer, mais d'obtenir des résultats". Une personne sous l'influence du message "réussis à ta mesure" a "une mentalité de gagnante. Elle aime la vie... le plaisir, la réussite, l'efficacité et la bonne intégration sociale".
Ce qui passe pour une description psychologique pertinente de l'A.T., dans laquelle "on se reconnaît", n'est en fait que le miroir aux alouettes des apparences. L'A.T. confond la recherche de soi et la connaissance de soi. Ce qui ne reste pas sans conséquences.
Pour mesurer ces conséquences, philosophiques et morales, nous confronterons l'A.T. à quelques traits de la conception chrétienne de l'homme. Nous verrons ainsi que la formulation de la théorie transactionnelle, malgré sa forme d'apparence neutre, procède en fait d'un a priori portant sur la conception de l'homme. Les deux conceptions, la transactionnelle et la chrétienne s'avèrent diamétralement opposées, radicalement incompatibles.
La doctrine catholique constate d'abord chez l'être humain la présence de penchants qui le portent vers des biens sensibles. Non que ces penchants soient mauvais en eux-mêmes, mais ils doivent être contenus et dirigés par la raison. Ils servent alors le Beau, le Bon, le Bien, le Vrai (disant cela nous ne sommes toujours que sur le plan naturel). Mais la doctrine catholique constate que ces penchants ne veulent pas servir, mais dominer. C'est dès lors un dérèglement procédant de l'amour-propre, à la base des passions qui nous rendent esclaves des plaisirs, des honneurs et des richesses. Aristote, lorsqu’il s’interroge sur le bien, dresse la liste de bines intermédiaires qui peuvent faire illusion. L'âme s'affaiblit et ne trouve aucun repos dans la vaine recherche de ces contentements. L’homme quelque peu expérimenté et connaissant l’âme humaine n'éprouve aucun étonnement à voir toujours refleurir les théories hédonistes, narcissiques, confondant l'honneur mondain (la réussite sociale) avec le plus rare mérite.
Il ne s'étonne pas non plus que tout homme se reconnaisse dans l'attrait des plaisirs, des honneurs et des richesses : il n'y a pas à beaucoup se forcer. Mais cette pente ‘naturelle’ à l’homme ne lui est naturelle qu'en apparence. L’égocentrisme compromet tout lien social.. Il est impossible de fonder une famille, une société, des mœurs (i.e. une morale) sur ce penchant égocentré. Il est également impossible d’accepter à la fois les conceptions de l'A.T. et les principes quelque peu altruistes.
Le dénigrement du désir de perfection par l’AT est des plus confus. " Une personne sous l'influence de ce message, précise un document de stage, "répugne à faire vérifier ses conclusions par quelqu'un d'autre même si, du point de vue de la simple exactitude, ce serait une bonne chose ". Ce que l'A.T. relève ici n'est rien d'autre qu'un trait d'orgueil. L'A.T. accompagne la recherche de la perfection de dureté, d'orgueil et d'intransigeance envers autrui.
En réalité, l'A.T. part de plusieurs a priori non démontrés. Le premier est de croire que vouloir être parfait est un signe d'orgueil. Certes, l'orgueil menace et risque de dénaturer cette recherche, mais il faut distinguer entre recherche de la perfection et orgueil. Ici encore, une certaine sagesse populaire fournira les éléments de notre réflexion. La recherche de la perfection commence dans une certaine prudence. La simplicité comme l'humilité nous ouvrent les yeux sur nos imperfections. Notons que cette attitude possède sur l'A.T l'avantage de rejoindre l'expérience courante, l’ancrage dans la vie qui n’exclut personne.
Le deuxième a priori de l’AT consiste à situer la recherche de la perfection en dehors de la vie intérieure. Sur un plan naturel, cette vie de l'esprit nécessite une défiance vis à vis des apparences, des séductions qu’exercent richesses et s honneurs publics. La vie de l’esprit demande une attirance marquée pour les valeurs transcendantes et universelles. Pour la religion catholique la recherche de la perfection sera toujours dans la vie intérieure, puisqu'elle fait coïncider la perfection avec l'amour de Dieu.
L'A.T. critique la recherche de la perfection sans même connaître le début du chemin qu’elle invite à emprunter. C'est au total non seulement la transcendance divine qui est éliminée, mais également et plus banalement la transcendance des valeurs de la morale naturelle que nous ont enseigné la morale naturelle, inscrite dans le cœur de l’homme et la philosophia perennis de la Grèce antique. Au nom de quoi faudrait-il revoir l’héritage de la raison ? Au nom de quelle autorité ? Au nom de l'irrationnel, de rêveries mécanistes simplistes, à tendances totalitaires ?
Au fond, l’AT voudrait faire passer pour un fait avéré que le malheur humain et la maladie mentale ont pour cause l’intériorisation des injonctions parentales. Patricia Crossman nous montre jusqu’où peut conduire cette erreur : Dès lors, dit-elle, pourquoi ne pas pratiquer une ‘parentectomie’ (une ablation du Parent) ?. " Il suffit de retirer l’énergie du moi-Parent pour la transférer dans le moi-Enfant, afin de le rendre plus satisfaisant et il conviendra ensuite de reparenter " Tout cela n’est-il pas très logique ?
Patricia Crossman nous rappelle que, dans l’ouvrage Que dites-vous après avoir dit Bonjour ? (composé de divers écrits d’Eric Berne) le fondateur de l’AT décrivait déjà la mère sorcière : " On peut dire que la mère sorcière est le démon. écrivait-il. Elle est identique au concept originel du ça. C’est l’impulsion du ça. L’expérience qu’on en a est celle d’une voix intérieure, la voix du Moi-Parent actuel ou, plus précisément, du démon dans le Parent, qui, implanté dans l’Enfant, est l’Enfant mauvais lequel s’active et s’anime comme sous l’effet d’une électrode. "
Patricia Crossman cite également Léonard Campos, collègue d’Eric Berne. " Le thérapeute, dit cet auteur, neutralise les injonctions parentales destructrices de l’Enfant dans le Parent, tout comme le docteur sorcier des temps primitifs et médiévaux écartaient les esprits qu’on appelait maléfiques. Le patient, une fois délivré du charme ensorcelé qui pesait sur lui, peut utiliser librement la force de son moi Adulte et faire ainsi croître son autonomie "
En fait, le sujet de la sorcellerie infiltra toute la scène de l’Analyse transactionnelle à San Francisco, et en 1969 Claude Steiner introduisait l’expression Warm and Fuzzy (chaud et doux, doudoune ) dans le langage sous la forme d’un conte merveilleux (portant vraisemblablement sur l’origine du mal). Il s’agit d’une ville où les gens vivaient heureux, échangeant des doudounes qu’on trouvait en quantité illimitée, si bien que tout le monde était ok. Or, un jour, une horrible sorcière qui volait dans les airs, entra dans la ville. Prise de haine à la vue de ces gens heureux, elle ruina l’économie en inondant le marché de ‘piquants froids’, si bien que tout le monde devint non-ok ! Je crois bien qu’ils purent être sauvés par un thérapeute pratiquant l’analyse transactionnelle.
Ainsi, tout vient de la sorcière ! C’était aussi la croyance de Jacqui Schiff. Pour elle, la schizophrénie venait de la " mère sorcière ", de l’Enfant contenu dans le Parent de la mère et que le patient avait intériorisé. Il fallait donc éliminer cet Enfant de la mère en éliminant le Parent et L’Adulte du patient. Il fallait donc faire régresser celui-ci jusqu'au stade de bébé. Toutefois, le Parent pouvant n’être qu’en sommeil et se réveiller dans une rage meurtrière, il convenait de rester très vigilants avec les patients ayant subi une thérapie de régression.
Tout cela n’est pas sérieux : la psychothérapie de l’AT rejoint les mythes de la magie
et de la sorcellerie. Le thérapeute innove, façon sientiste, pour mener des procès en sorcellerie : la famille du patient est au banc des accusés.
Il est permis d’y voir aussi la volonté de généraliser la maladie comme faisait le docteur Knock de Jules Romain. Ce médecin d'aventure voyait en tout homme un porteur de germes. Le village dans lequel il s’était établi était devenu un immense centre de soins. L’AT voit partout des "crapauds". Tout homme est un malade mental, un schizophrène, un "prince" que les injonctions parentales ont tranformé en "crapaud".
Michel Tougne