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Un regard sur la technocratie qui se manifeste dans le management avant de se répandre sur la société toute entière. L'origine des théories, les manipulations mentales, l'amoralisme et la société de consommation, la déchristianisation. Un remède : la doctrine sociale de l'Église

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Les jeux en analyse transactionnelle

Nouvelle version augmentée des apports et des corrections de Céline Muhgot

Lorsqu'on est en contact avec des malades , et plus généralement avec la souffrance humaine, il est nécessaire de savoir garder un équilibre personnel, ne serait-ce que pour être à même de porter secours.  Pour l'AT, la théorie des "jeux" permettra aux thérapeutes de relativiser, de prendre recul. Mais après cette relativisation, quelle sorte de relation  reste  encore possible ?


QU'EST -CE QU'UN JEU?

  L'analyse transactionnelle appelle " jeux " des relations ratées, défectueuses, non sincères. Eric Berne en donne la définition suivante : " Un jeu, c'est le déroulement d'une série de transactions cachées complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible ". " Il s'agit d'un système récurrent de transactions souvent répétitives, superficiellement plausibles, à motivation cachée, en langage familier, une série de "coups" présentant un piège ou un "truc". " Nous accordons que de tels comportements sont plausibles. Pour certains, il s'agit de savoir prendre recul. Pour d'autres, le problème de la souffrance  et de la maladie reste un mystère qu'il faut rapporter à la croix du Christ.

 La théorie des jeux prétend rendre compte des comportements déffectueux. Toutefois, surgit une question : comment distinguer entre un comportement retors et un comportment normal, même s'il est pour moi gênant ?


De la protection à l'aveuglement

L'A.T. se protège souvent des critiques en décrétant que les objections qu'on lui adresse font partie d'un jeu. Ainsi, lorsqu'une personne dit être choquée, le jeu pourra s'appeler : C'est scandaleux ! ; suggérant ainsi que la personne n'est pas tellement scandalisée mais plutôt contente de faire un scandale. Si elle dit qu'elle s'est mal trouvée d'une thérapie et qu'elle a perdu le sommeil, le jeu s'intitulera peut-être : Mon Dieu, je suis épuisée !, suggérant ainsi que la patiente espère surtout se faire plaindre et cherche à partager son mal-être en provoquant l'inquiétude et la culpabilisation du thérapeute. Nous comprenons qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant toutes les plaintes des malades. La règle devrait  de toujours rechercher l'exactitude des faits. Or, la théorie des jeux  constitue un "prêt à penser" qui dispense de regarder le réel. L'AT méprise le réel.  Attitude   "thérapeutique" dangereuse s'il en est.

 Ce  système de protection joue pour les tenants  de  l'AT dans la défense de leurs théories. Pour eux, les critiques ne peuvent   venir  que de gens mal intentionnés qui font parler leur Parent-critique ou leur Enfant-rebelle. Interpéter  les réactions  critiques  à l'endroit de  l'analyse  transactionnelle comme des " jeux " permet de couper court à la discussion, de s'ancrer plus profondément dans ses certitudes, de se rendre sourd aux retours d'expérience.

Prenons l'exemple d'un hiérarchique qui veut sanctionner un ouvrier qui a provoqué une dispute dans l'atelier (P) après avoir un peu trop arrosé le départ en retraite d'un collègue. Celui-ci va voir le délégué et lui demande d'arranger son affaire (V) Le délégué se plaint au Comité des attitudes agressives du chef hiérarchique, il rédige un tract qui est diffusé dans l'entreprise (S).
Le chef, triste, et dégoûté de ce qui arrive (V), rencontre l'ouvrier dans l'atelier. Ce dernier, pour arranger les choses, l'aborde  et lui dit qu'il n'a pas voulu faire une histoire pareille (S). Le chef l'écoute à peine, hausse les épaules  et pense : "Si  c'est comme cela que tu penses changer les choses, tu te trompes...Je vais me venger..." (P)  L'ouvrier, voyant cette attitude, pense de son côté "Bon, si c'est ainsi, tu vas voir (P) et il en parle (V) au délégué (S), qui attaque de nouveau le chef qui ...etc.


Voici maintenant notre exemple. (Nous supprimons bien évidemment PSV)


Prenons l'exemple d'un hiérarchique qui veut sanctionner un ouvrier qui a provoqué une dispute dans l'atelier  après avoir un peu trop arrosé le départ en retraite d'un collègue. Celui-ci va voir le délégué et lui demande d'arranger son affaire. Mais le délégué se  souvient qu'il a été de ceux qui ont demandé que les pots de départs soient célébrés en dehors de l'usine et qu'il avait même accusé la direction d'être responsable d'un accident de trajet survenu après un arrosage trop copieux qui s'était opéré dans les locaux de l'usine. Il prévient l'ouvrier qu'il  verra ce qu'il peut faire  et va voir le hiérarchique. Le délégué explique à celui-ci qu'une sanction pour ébriété n'est pas une bonne idée, car la loi prévoit qu'on n'a pas le droit d'accuser une personne d'être sous l'empire de l'alcool sans en avoir la preuve formelle. Or, il n'y a pas eu de preuve: pas de test, pas de prise de sang. Le hiérarchique qui est jeune et intelligent comprend qu'il allait faire une bêtise. Toutefois, la dispute a bien eu lieu. Peut-il tolérer cela sans réagir ?  Le délégué répond que la loi prévoit, dans le cas de sanction pour dispute qu'on procède d'abord à une enquête pour savoir qui avait des torts Or, il n'y a pas eu d'enquête.
Le hiérarchique va alors voir l'ouvrier. Ce dernier, pour arranger les choses et se croyant toujours menacé de sanction, l'aborde  et lui dit qu'il n'a pas voulu faire une histoire pareille. Le hiérarchique lui propose alors une réunion avec le collègue qu'il a agressé pour lui présenter des excuses. Réunion qui a bien lieu et lors de laquelle le hiérarchique rappelle les règles  que tout un chacun doit respecter pour vivre en bonne intelligence.

 

Notre exemple, par rapport à celui de Chalvin gratifie le délégué d'une compétence réelle en droit du taravail et n'en fait pas, a priori, un guerrier borné toujours prêt à en découdre. Bref, on sort des stéréotypes et on campe une situation possible, voire plausible. Nous ne voulons pas dire pour autant que les conflits n'existent pas. Mais, encore une fois, le PSV (ou SVP) n'a rien d'une structure obligée. Les exemples donnent crédit à la thèse mais  ils ne sont que des possibilités parmi des milliers d'autres possibles. Ce sont des illsutrations de la théorie, et non des arguments et encore moins des preuves.

 

2.) La spiritualité chrétienne recherche la ressemblance au Christ. Elle n'interprète pas la souffrance et l'échec social comme un scandale, car la grâce du baptême oriente le chrétien vers la croix. Ce qui importe, c'est la conformité au Christ, à la volonté de Dieu. Par la grâce de Dieu, l'esprit de sacrifice n'est pas une maladie. Il prouve une relation vraie à ses proches ou à ses amis, atteste une authentique relation au bien commun, manifeste la force d'âme. Il semble que l'AT soit dans l'incapacité de concevoir que la vie spirituelle puisse exister.

Le cycle Persécuteur-Sauveur-Victime n'a rien d'un mécanisme obligé par lequel commencerait la plupart des conflits interpersonnels. Il n'apporte ni l'explication des conflits, ni la description exacte. Le conflit résulte plutôt de la perte du sens d'un bien commun, c'est à dire de l'obligation de bien vivre ensemble. Le conflit résulte souvent d'opinions adverses ou d'intérêts contradictoires, certes, mais avant tout de l'absence d'une dimension supérieure qui s'impose légitimement aux parties  prenantes. Ainsi, l'absence des parents, ne serait-ce qu'une demi journée, favorise les disputes entre jeunes frères et soeurs ; une hiérarchie d'entreprise molle, qui cherche à se défausser au lieu de prendre ses responsabilités, favorise l'individualisme et les conflits interpersonnels. Une hiérarchie d'entreprise qui joue les relations personnelles non transparentes et les conciliabules , attise les convoitises et les disputes.  Une hiérarchie politique qui donne l'exemple du désintérêt pour la chose publique, favorise le désordre, l'incivisme et finalement les conflits de toutes sortes. Rien à voir avec Karpman.

Le cycle PSV ou SVP  comme propose D. Chalvin (p.105) a l'inconvénient de prêcher contre l'esprit de sacrifice  qui n'a rien d'une maladie. Au contraire, le chacun pour soi  l'individualisme, n'a jamais été considéré comme un bienfait pour la société. Sauf par certains libéraux qui voient dans l'égoïsme de chacun le mécanisme de la prospérité générale. Ils affirment que la recherche de l'intérêt personnel assure le bien de tous,  avec plus d'éfficacité  que  ne peut en avoir la recherche du bien commun.  Ce n'est pas nouveau, cela date du 18è siècle. (Adam Smith entre autres). On est même allé jusqu'à prôner l'adage "A vices privés, vertus publiques". Cette justification du libéralisme a la vie dure et s'entend encore un peu partout. C'est un des dogmes du libéralisme que reprennent ici les adeptes de l'Analyse transactionnelle. C'est aussi un des piliers de l'amoralisme de l'AT. 

Si les tenants de l'AT arrivaient un jour au pouvoir, on se demande comment ils se comporteraient vis à vis de la spiritualité chrétienne. Le chrétien ne cherche-t-il pas à ressembler au Christ ? Le Christ n'est-il pas (aux yeux de l'AT) le persécuteur lorsqu'il exhorte à la perfection ? N'est-il pas sauveur, lorsqu'il invite à le suivre ? N'est-il pas victime sur la Croix ? Conséquence inquiétante : les chrétiens de par le monde sont sous influence du triangle dramatique ! Ils sont quelque deux milliards!  Pour les guérir, tous les analystes de l'AT, qui ne sont que quelques milliers, n'y suffiront jamais. Que faire ?

Michel Tougne

 

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