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Un regard sur la technocratie qui se manifeste dans le management avant de se répandre sur la société toute entière. L'origine des théories, les manipulations mentales, l'amoralisme et la société de consommation, la déchristianisation. Un remède : la doctrine sociale de l'Église

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Exercice pratique de doctrine sociale de l'Eglise

Inaugurons aujourd'hui la rubrique de la doctrine sociale de l'Eglise par un exercice pratique, un cas vécu, un morceau de réalité politique extrait de l'actualité de mars-avril 2007.  Nous résumons :  Dieu nous a mis sur terre avec dans le coeur la loi naturelle, cette loi morale qui n'est pas faite de main d'homme et qui, de ce fait, ne peut avoir qu'une origine divine. Cette loi nous dit que  la vie humaine est sacrée, parce que nous appartenons à Dieu. Nous ne pouvons donc pas la "gérer" comme on gère l'eau,  le charbon, ou les pétrodollars. Les principes de la politique de la vie sont   simples et clairs.

Rappel des évidences
 
  • Les enfants sont le fruit de l'union d'un homme et d'une femme. Le mariage est l'institution voulue par Dieu pour présider à cette union. 
  • Les parents doivent accueillir les enfants à naître sans mettre d'obstacles : l'avortement  est un crime extrêmement grave qui supprime sciemment une vie humaine. La contraception, qui empêche la fécondation, est également une entorse grave à la loi naturelle, qui est la loi de Dieu. Mais l'enfant est un don de Dieu. L'homme en peut donc pas recourir à n'importe quel moyen artificiel pour avoir un enfant (insémination artificielle, recours aux mères porteuses etc.)
  •  
  • La vie humaine doit être respectée depuis la conception jusqu à la mort naturelle. 
  • A la fin de son existence, l'homme ne peut pas décider de mettre un terme à sa vie ni à la vie d'un autre. Il n'est pas non plus permis de prolonger la vie artificiellement  par ce qu'on appelle l'acharnement thérapeutique. Il y a certes des cas limites difficiles  à trancher : où se termine le recours aux moyens médicaux normaux ? Où commence l'acharnement thérapeutique ? Mais ces cas limites ne sont pas les plus nombreux, ne peuvent pas se trancher sans compétences spéciales et ne peuvent donc pas faire l'objet d'un débat de société. Ce qui importe pour tous, c'est que le respect de la vie soit assuré par la loi afin d'éliminer la possibilité d'user  de prétendus "droits" à l'avortement ou "droits" à l'euthanasie.  La contradiction la plus manifeste à la doctrine de l'Eglise se manifeste actuellement par les politiques orientées contre la vie.
Analyse d'une prise de position
 
Prenons le cas d'un candidat à la Présidentielle 2007, qui a longtemps défendu des positions naturelles rejoignant la politique de la vie : Jean-Marie Le Pen.
  
Famille Chrétienne a interrogé ce candidat, dans son numéro 1523 du 24-30 mars 2007. Que dit Jean Marie Le Pen ? En pp. 16 et 17, le journal reproduit les propos suivants :

A propos de l’avortement : « J’ai perdu l’illusion que l’on pouvait régler tous les problèmes par des lois (…) Si je suis élu, je proposerai un référendum sur l’avortement ». Une citation en exergue p. 19 nous apprend le fond de sa pensée « Abroger la loi Weil ne ferait que délocaliser l’avortement de France en Belgique » Comme si la turpitude chez le voisin rendait vain tout effort de mettre de l’ordre chez soi. 

Selon la doctrine, à quoi sert la loi ? Elle sert précisément à faire suivre les préceptes de la morale. Elle sert à obliger les hommes à pratiquer la vertu, afin de concourir au bien commun de la société. Si une question aussi importante que  respect de la vie ne peut plus être utilement abordée  par la loi,  à quoi sert la politique ? A quoi servent les politiciens ? Disons à Jean Marie Le Pen qu’il est illusoire de placer l’action  politique hors de la loi naturelle. Il devrait le savoir, visiblement, il ne le sait pas ou du moins, espère-il faire une meilleure politique en ne suivant plus la loi de nature. 

A propos de l’Euthanasie : « Savez-vous que la moitié des dépenses de santé pour un individu concerne les derniers mois de la vie ? Savez-vous combien il y a de centenaires en France aujourd’hui ? 30 000 et bientôt 300 000… Comment allons-nous faire ?  Je m’accroche à la position chrétienne. Mais comme homme politique responsable, je me pose la question de l’euthanasie. Je n’ai pas de position définitive pour l'instant. Comprenez ma situation : une chose est d’avoir des intentions nobles et autre chose est de les faire appliquer.» Et d’ajouter :  « Je ne suis pas un moraliste ou un philosophe, mais un homme d’Etat. » 

Deux a priori sous-tendent ce discours. Le premier est de croire qu’on ne peut tout de même pas laisser vivre les gens au-delà de cent ans à cause de raisons économiques. Or, l’argent, c’est comme le temps, ça se gère. En commençant par les priorités. On peut très bien dégager les fonds nécessaires en supprimant les dépenses de sécurité sociale occasionnées par l’avortement. Par ailleurs, en luttant contre la drogue et contre le vagabondage sexuel, on réduit, voire supprime les dépenses occasionnées par le sida. C’est un premier point. Mais l’argument de l’équilibre économique ne semble pas omniprésent dans la tête de Jean-Marie le Pen, lorsqu’il déclare à propos du pacs « Je considère qu’il n’y a pas vraiment de raison de revenir sur le pacs si le pacs peut rendre service à quelques personnes… » 

Le deuxième a priori est la position libérale de l’hypothèse et de la réalité. L’hypothèse, c’est la doctrine (que l’on considère comme inapplicable) et la thèse, la réalité, c’est la mouvance quotidienne, souvent en opposition avec la doctrine. On en pleure, on en gémit, mais on estime devoir suivre les lois de la dure réalité quotidienne. On ne dira jamais assez tout le mal qu’a pu faire cette position qui est le schéma type de tous les abandons, de toutes les trahisons. A l’inverse, citons Mgr Freppel « Le plus grand des malheurs pour un siècle ou pour un pays, c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste ; on ne se relève jamais du sacrifice des principes » 

- Que peut bien être un « homme d’Etat » s’il fait profession d’agnosticisme moral dans ses fonctions ? 

- Un laïciste, un homme sans foi ni loi, sans Dieu ni maître.

Ce qui mène le monde 

La morale, c’est ce qui nous dit que le bien est à faire et que le mal est à éviter. Si l’on sépare la politique de la morale, le concept même de loi juste s’évanouit. Il ne reste que la force, qui peut être force du nombre, mais qui est quand même simplement une force quantitative et matérielle. Rien d’autre. Il n’y a rien de chrétien dans tout cela. Il y a opposition et contradiction entre la cité catholique et cette conception agnostique et amorale. Il y a antagonisme radical entre la politique de mort et la foi catholique. Il y a affrontement inévitable entre la société politique sans Dieu et la société chrétienne. C’est l’affrontement des deux cités, celui même qui guide l’histoire toute entière. Ce n’est donc pas pour rien que Jean-Marie Le Pen a lancé sa campagne depuis Valmy. 

Le premier principe de toute action politique désireuse de rassembler les hommes est de reconnaître l’existence de la loi naturelle, commune à tous et à tous les peuples. Sans loi naturelle, la notion de norme disparaît. Aucun langage commun aucune unité morale n’est possible. Hors de la loi naturelle fleurissent les affrontements, les guerres civiles, les révolutions. 

De fait, les normes éthiques n’ont été établies ni par la force ni par l’opinion. Elles sont la source de toutes les normes de l’être, de l’activité et du devoir. Leur observance permet la cohabitation et la collaboration mutuelle. Elles sont à la racine du bien commun de toute société : bien vivre ensemble et se bien comporter. 

Michel Tougne

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