Un regard sur la technocratie qui se manifeste dans le management avant de se répandre sur la société toute entière. L'origine des théories, les manipulations mentales, l'amoralisme et la société de consommation, la déchristianisation. Un remède : la doctrine sociale de l'Église
Quelques faits survenus ces dernières années, concernant les droits de l’animal, méritent d’attirer notre attention. Ces faits illustrent la pénétration au sein des autorités européennes et françaises d’une idéologie déjà très bien installée aux USA et en Grande-Bretagne. Cette mouvance existe depuis de nombreuses années, mais elle réussit aujourd’hui à faire émerger ses revendications sur la scène politique au travers de puissants groupes de pression. Il faut s’arrêter un instant sur leurs bases philosophiques et leurs revendications. Cela ne préfigure-t-il pas d’autres attaques, de plus grande ampleur, contre la Loi naturelle et contre la Création- telle qu’elle est voulue par Dieu ?
Des droits de l’homme aux droits de
l’animal
Convergence de faits récents
- De nombreux pays européens ont déjà introduit ou vont introduire dans leur droit des modifications de ce type. La France fait figure de retardataire.
Par exemple, la constitution italienne a été amendée dernièrement et mentionne dans son article 9 : « la république protège la biodiversité et assure la
promotion du respect de l’animal ». Toujours en Italie, une loi du 20 juillet 2004 définit les « délits contre les sentiments envers les animaux ». Ceci ouvre la
porte à une révision du régime juridique au plan civil. En Espagne, une nouvelle loi du 4 juillet 2003 reconnaît que « les animaux sont des êtres vivants dotés de sensibilité physique et
psychique ». Au Portugal, la demande est de définir dans le code civil un statut de l’animal comme étant une «personne non humaine »[1] . Le Ministère de l’Agriculture suédois
commente la loi de 1988 (Animal Welfare Act) et l’ordonnance du 16 avril 1998 comme « développant une approche de la reconnaissance d’une dignité intrinsèque à l’animal ». En
Pologne, la loi de protection animale de 1997 définit que « l’animal est une créature vivante capable de souffrance. Ce n’est pas une chose. L’être humain doit le respecter, le protéger
et pourvoir à ses besoins ».
- Le projet de constitution européenne mentionnait dans son article III-121 « l’Union et les états membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles ».
- Le 18 février 2005 entre en application une loi votée par le parlement britannique stipulant : « Commet un délit celui qui poursuit un animal sauvage avec un chien », ce qui revient pratiquement à interdire la chasse aux chiens courants et donc à abolir la vènerie, vieux combat des associations de défense des animaux. L’interdiction de la vènerie a également été décidée en 2002 en Belgique.
- Plusieurs colloques récents sur des thèmes similaires ont réuni des personnalités du monde scientifique, philosophique, juridique… (Colloques “Humanité - animalité’’ : quelles frontières?” et “Humanité-animalité: quelles frontières juridiques?” à l’Institut de France en 2003 et 2004).
- Le 15 octobre 1978, à la maison de l’UNESCO à Paris, la "Déclaration universelle des droits de l’animal" est proclamée. Elle précise, entre autres, que « tout acte impliquant la mise à mort d’un animal sans nécessité est un biocide, c’est-à-dire un crime contre la vie ».
- Enfin, notons cette citation du Président Jacques Chirac du 16 avril 2002 : “Plus généralement, sur la question du statut de l’animal, j’envisage dans le cadre de la réforme de l’État de mener dans un premier temps une réflexion sur les institutions afin que les droits des animaux soient réellement préservés”. Nous allons voir si la commission de 2007 du Président Sarkozy pour la réforme des institutions reprend le sujet.
Si les lobbies de défenses des animaux combattent depuis longtemps de nombreuses pratiques (vivisection, expérimentation animale, exposition d’animaux, chasse, corrida…), la pression s’est accentuée au point d’influencer la plupart des législateurs européens, notamment à travers leur présence politique au Parlement Européen dans l’Eurogroup for Animal Wellfare (Eurogroupe pour le bien-être animal). On peut noter également des associations d’audience mondiale comme la PETA (People for the Ethical Treatment of the Animals) qui revendique 850 000 adhérents, ou la HSUS (the Human Society of the United States), disposant d’un budget de 300 millions de dollars et considérée par la CIA comme le premier groupe terroriste autochtone.
Ces différents évènements peuvent paraître anodins au regard de notre combat. Toutefois, nous devons nous arrêter sur les origines et la portée de cette véritable idéologie, à laquelle les pouvoirs politiques prêtent une oreille attentive et dont les répercutions font frémir.
Quelles sont les références, les thèses soutenues par les acteurs de la promotion des droits de l’animal ?
Chamboulement de la hiérarchie des êtres et des fins
Les auteurs qui sont cités en référence par les défenseurs du droit animal, sont Jeremy Bentham (auteur anglais du XVIIIème siècle), puis de nos jours Peter Singer (titulaire de la chaire de philosophie à Princetown) et Tom Reagan (professeur de philosophie morale au North Carolina State University à Raleigh-USA). Ces deux derniers sont auteurs d’ouvrages qui font référence en la matière : « Animal liberation » de Peter Singer et « The case for animal rights » de Tom Reagan.
Jeremy Bentham a développé la philosophie,curieusement et improprement appelée ''utilitarisme'', selon laquelle les actions se voient attribuer un caractère bon ou mauvais selon leur résultat, et en particulier dans la recherche du bonheur. Pour simplifier, il faut minimiser la quantité globale de souffrance et maximiser la quantité globale de plaisir. Bentham différencie les êtres capables de ressentir du bonheur et de la douleur, l’angoisse de la souffrance, et ceux qui en sont incapables.
Ceux qui sont dans la première catégorie (animaux et humains) doivent disposer des mêmes droits, ceux qui sont dans la seconde catégorie ont moins de dignité : on y trouve les embryons de moins de 18 semaines (dont le système nerveux ne serait pas assez développé pour ressentir la douleur), les personnes en état de mort cérébrale et enfin les personnes handicapées par la maladie, l’âge…
J. Bentham tranche en toute netteté : « Un cheval ou un chien adultes sont incomparablement plus rationnels, et aussi ont plus
de conversation, qu’un nourrisson d’un jour, d’une semaine ou même d’un mois. » Voilà qui a au moins le mérite de la limpidité.
On trouve ensuite l’antispécisme qui prône l’égalité entre les hommes et les animaux à vivre une vie heureuse et à ne pas souffrir. Tous les
individus ont droit à la même dignité, au même respect quelle que soit l’espèce à laquelle ils appartiennent. Ainsi, l’antispécisme condamne l’exploitation et les maltraitances infligées par
l’homme aux animaux. Dans la droite ligne de cette position égalitariste, les auteurs appliquent à la cause animale des formules que nous connaissons bien par ailleurs. Ainsi, Alfred Kastler,
prix Nobel de physique : « L'animal est le sous-prolétariat le plus exploité de la Terre. L'animal est utilisé dans tous les domaines : compagnie, consommation, médecine, recherche,
tradition, distraction.... Animal utilisé, maltraité, exploité, martyrisé.»
Suzanne Antoine, auteur du rapport déjà mentionné, affirme : « Plus encore que l'ambiguïté de la situation de l'animal dans la société humaine, l'obstacle majeur à la reconnaissance de ses
droits par une loi provient de l'intérêt économique qu'il suscite ; l'animal représente une source de profit si importante qu'on le laisse volontairement réduit à son aspect de produit
utilitaire, sans se soucier de sa nature d'être sensible, vivant et souffrant. Les avantages économiques qui naissent de l'exploitation animale vont de pair avec des
considérations politiques : la protection de l'animal passe au second rang quand il s'agit de préserver les intérêts de groupes influents.»
Lutte des classes et lutte des espèces, même combat ?
Voila, en bref, un panoramma de la situation. Il y a encore d’autres choses à ajouter. Prévoyons un second article. Mais d'ores et déjà, il est évident que nous avons affaire à une subversion à base de sentimentalisme apparent qui attaque la hiérarchie de la Création. Qu’en pense Hugo Clémenti ?
Fulcrand de Berges
Réponse de Hugo Clémenti
Ce sont ici les notions de loi et de droits qui se trouvent corrompues. La loi est normalement faite pour protéger ou garantir le bien commun de la société. Elle doit subordonner l’homme à ce bien commun, ce qui est la condition pour que tout le monde puisse y avoir accès. Par exemple, le code de la route subordonne les automobilistes au code de la route, ce qui permet à chacun de circuler sans risquer sa vie à chaque instant. La possibilité de circuler, c’est le bien commun des automobilistes ; le code de la route, c’est le moyen de les subordonner à ce bien commun afin que tous puissent en profiter. Pour la même raison, il faut certainement codifier la chasse pour qu’elle profite à tous sans nuire à personne, ce qui est en premier l’affaire des chasseurs eux-mêmes et de la société, et non affaire de clubs écologistes plus ou moins téléguidés, plus ou moins financés par des groupes plus ou moins connus.
Mais si l’on passe au droit de l’animal, cela suppose qu’il y ait un bien commun entre lui et l’homme. Où est le bien commun entre les hommes et
les animaux ? Entre le berger et l’ours des Pyrénées ? Entre les paysans et les loups ?
Il est vrai que l’homme comme beaucoup d’autres espèces, possède une sensibilité qui peut être source de plaisir ou de souffrance. Il est encore vrai que les souffrances infligées gratuitement (inutilement) aux animaux montrent l'insouciance ou le dédain de l’homme pour la création que Dieu met à sa disposition. Mais faut-il en tirer matière à légiférer ? Non, car le bien commun résulte de ce que l’on fait ensemble et non de ce qu’on a ensemble.
Le bien commun d’une chorale, c’est le chant choral que produit l’ensemble des choristes et non les belles voix de chacun, qui sont leur bien propre. Le bien commun des automobilistes, c’est la circulation routière sécurisée et non les voitures de chacun qui constituent un bien propre. Les habitants d'un village peuvent avoir en commun de posséder une maison, mais il s'agit de leur bien propre et non d'un bien commun. La sensibilité des hommes et des animaux est propre à chaque individu et ne constitue pas un bien commun.
Or, lorsqu'on légifère en dehors du bien commun, la loi n’est
pas légitime. On n’a pas à y obéir, pourvu que la désobéissance n’entraîne pas un désordre plus grand que la loi elle-même. Une
loi hors du bien commun amène une tyrannie plus ou mois pénible.
Au-delà de toutes ces considérations, ces menées sentimentales visent à abaisser l’homme, à fausser la morale en déformant la notion de bien commun. Il s'agit bel et bien de subversion de l'ordre
naturel. Nous devons nous y opposer.
Hugo Clémenti
[1] Ce qui est plus que l’embryon humain qui, lui, ne serait même pas une personne, d'après ceux des portugais qui ont fini par voter l'avortement.